Projet Hoa Binh (HN)
JMJ 2008 HOA BINH
C'est la deuxième partie de notre aventure. Après deux semaines en Australie et l'enthousiasme des grands rassemblements pour les Journées Mondiales de la Jeunesse, nous arrivons à Hanoï épuisés, dans une chaleur étouffante.
Notre petite équipe (9 jeunes et 2 accompagnateurs) est accueillie à l'évêché par Frère Peter qui sera notre guide tout au long du séjour et avec qui nous lierons des liens d'amitié très forts qui se poursuivent aujourd'hui grâce à Internet. Pour nous réconforter il nous emmène déguster une boisson au melon, c'est rafraîchissant et magique, il est 23h et nous sommes au bord du lac à Hanoï.
Tôt le lendemain nous avons une rencontre chaleureuse avec l'Évêque qui parle bien Français, nous remercie d'être là et nous offre à chacun un chapeau conique et un chapelet.
Puis nous partons pour Hoa Binh dans la montagne à trois heures de route. Nous savons seulement qu'il faudra là-bas construire un pont. Ça nous inquiète un peu, mais notre équipe est soudée et nous faisons confiance à notre guide.
Quel accueil ! Nous arrivons dans le petit village d'une minorité ethnique ; des familles très pauvres qui nous accueillent comme des rois. Peter nous explique que c'est la première fois que des étrangers viennent ici. Rencontre de l'autre et découverte amusée de la différence. Deux jeunes de notre groupe sont sénégalais ; ils font grande impression !
Le groupe des filles logera chez trois jeunes religieuses vietnamienne qui ont installé dans le village un petit centre médical pour parer aux urgences. Le plus gros problème ici est la santé : pas d'argent pour acheter des médicaments ou se rendre à l'hôpital. Elles font aussi l'école et le catéchisme, comme le curé de la communauté qui s'occupe beaucoup des enfants. Le groupe des garçons loge à côté du curé, dans le presbytère, auquel est accolé un grand auvent qui sert à la fois d'école et d'église.
Tous les matins, nous rejoignons le site de construction du pont. Il s'agit en fait d'un ouvrage en pierres et ciment qui permettra de rétablir la circulation sur un chemin régulièrement défoncé par les eaux de pluie qui descendent avec force de la montagne et envahissent les rizières autour. Beaucoup de personnes et de buffles doivent passer là pour aller travailler. Nous avons apporter l'argent pour acheter les matériaux ; nous avons aidé au transport des pierres et à la fabrication du ciment. Le chantier venant de démarrer quand nous sommes arrivés et devant durer environ un mois. Nous avons été fortement marqué par cette expérience de solidarité illustrée par la chaîne des pierres qui passaient de main en main au milieu des rires et des chants français et vietnamiens. De jour en jour, les gens du village étaient plus nombreux, des enfants aux personnes âgées. Nous travaillons aussi avec des étudiants qui habitent Hanoï et viennent en bénévolat pendant leurs vacances pour s'occuper des enfants du village et leur apprendre à lire. L'un d'entre eux s'appelle Viet et étudie le français ; il rayonne de foi et de joie, il veut « donner du bonheur aux autres ». Les jeunes français sont impressionnés et parlent longuement avec lui.
Un soir une fête est organisée en notre honneur dans le village. Après la messe, un grand feu est allumé ; les enfants et les jeunes ont dansé avec le costume local. Puis ils nous ont invité à danser avec eux. À la fin, nous nous sommes transmis la lumière : des petites flammes que pouvaient voir loin dans la montagne ceux qui n'avaient pas pu venir.
Nous avons aussi visité, avec notre guide, des familles très pauvres dont une personne souvent est malade ou handicapée. Nous avons fait la connaissance d'un jeune de 26 ans qui ne peut plus marcher. Il y a plusieurs années il a eu un accident en travaillant dans la montagne. Il n'a pas pu être soigné et ses deux jambes sont gangrenées. Nous en avons parlé à notre paroisse et nous allons faire, comme Geste de Noël, une collecte que nous ferons parvenir au curé de la communauté.
Après ces quelques jours au village, riches de travail, de rencontres et d'expériences inoubliables, nous sommes retournés à Hanoï. Nous avons visité le Village de l'Amitié, un centre qui s'occupe des enfants handicapés victimes de « l'agent orange ». Ce village est en lien avec une association de Villejuif que connaissait une des jeunes du groupe.
Nous avons assisté à un spectacle typique de marionnettes sur l'eau. Enfin, « cerise sur le gâteau », et avant notre retour à Paris, nous avons eu la chance de passer deux jours sur un bateau dans la Baie d'Halong. Au milieu de ce paysage magnifique, en nous baignant ou en regardant se lever ou se coucher le soleil, nous avons remercier le Seigneur pour la beauté du monde, la profondeur et l'intensité de tout ce que nous avons vécu au Vietnam, émerveillés chacun des trésors rapportés.
Pascale Chaumont, Fresnes
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