Projet DaLat (DL)
Description du projet.
Neuf garçons et filles du secteur pastoral de Bry / Nogent / Le Perreux ont passé, au retour des JMJ de Sydney une semaine à Dalat dans le cadre d’un projet de solidarité orienté vers quelques minorités ethniques du Vietnam. Ils étaient encadrés par deux adultes, un prêtre Supérieur provincial des Camilliens de France et une chargée de mission en pastorale des jeunes.
Dalat est situé au Sud du Vietnam, à quelques 7 heures de car d’Ho Chi Minh Ville (Saïgon), à 1500m d’altitude, ce qui lui vaut d’être une ville de villégiature très prisée en raison de son climat plus frais et aéré qu’en plaine. C’est le siège de l’évêché. Le groupe aurait du loger chez les Salésiens de Dalat, mais il n’en ont pas eu l’autorisation. C’est donc dans un simple hôtel qu’a été l’hébergement.
Le projet de ce groupe constituait à aller à la rencontre de quelques minorités ethniques et de leur laisser un don, en lien avec les frères Salésiens de Dalat qui étaient notre contact sur place. Le salaire moyen au Vietnam équivaut environ à 150€ par mois. Nous avions une enveloppe de 1500€ à répartir en deux ou trois dons distincts.
Pourquoi cette attention aux minorités ethniques ?
Elles sont 54 au Vietnam, soit 11millions de personnes, 14% de la population. On les trouve principalement au Sud du delta du Mékong, sur les plateaux du Nord et du centre, mais il y en a aussi dans d’autres endroits, en particulier dans les environs plus ou moins proches de Dalat. Chacune de ces minorités à sa langue, sa culture propre. Habitant des villages isolés, avec peu d’infra structures, elles sont bien souvent les laissées pour compte du développement. Nous avons vu des enfants pauvrement vêtus, dont, en particulier dans un village, un certain nombre manifestaient des signes de malnutrition. Les gens vivent chichement de la culture de terres qui ne leur appartiennent pas (café, légumes, bananes). Ces minorités, au moins celles que nous avons rencontrées, sont majoritairement chrétiennes, ce qui es tout juste toléré, tout comme la culture de ces ethnies, dans la mesure où cela ne vient pas contrarier l’idéologie communiste.
Il y a d’ailleurs un hiatus entre la première impression de liberté et de tolérance religieuses que l’on a en circulant dans le pays et que l’on voit de nombreuses et très grandes églises qui le dimanche sont remplies de fidèles, même si la messe est à 6h le matin, et la surveillance bien réelle dont le clergé semble être l’objet.
La journée qui nous a le mieux permis d’appréhender ces diverses réalités a été celle que nous avons passée avec l’ethnie Lat, qui vit dans la montagne à quelques kilomètres de Dalat, dans le village de Lang Biang aux maisons modestes, dont certaines sont en bois. La vieille église en bois est couverte d’un toit en tôles qui ont besoin d’être remplacées : elles ont été offertes par l’armée française dans les années 1950. Dans le presbytère en bois au confort très rudimentaire, un bureau caché sous le toit permet de travailler de façon clandestine à une traduction de la Bible dans la langue de cette minorité. Les adultes que nous avons rencontrés, responsables dans la paroisse, parlent très correctement le français que les missionnaires français leur ont appris. Ils ont été nos interprètes auprès des jeunes dont nous avons pu, dans un échange après le pique-nique partagé, entendre les aspirations et les souhaits pour leur avenir : plusieurs envisagent une vocation religieuse. Le curé, âgé nous a semblé quelque peu craintif. Avait-il peur que notre venue lui vaille des questions indiscrètes ? En tous cas, il a prié le Père Thierry de ne pas concélébrer avec lui la messe du soir, mais de rester discrètement dans les rangs de l’assemblée avec nous. Du reste c’est paraît-il ce que l’évêque de Dalat, que nous avions pu rapidement saluer la veille, a demandé à tout son presbytérium : pas de concélébrations avec des prêtres étrangers. Nous avons eu la même impression que ces communautés sont surveillées avec les Bénédictins près de la ville de Buon Mê chez qui nous avons pris un repas, ayant rejoint pour une matinée un autre groupe du diocèse. Ils se savent surveillés: tel (faux ) ouvrier qui fait semblant de travailler à une quelconque tâche est en fait là pour les observer et rapporter tout ce qui pourrait sembler suspect. Ces Bénédictins ont été chassés par les communistes des terres qu’ils cultivaient et qui les faisaient vivre, ils ont du se réinstaller sur des surfaces beaucoup plus réduites dont le produit agricole ne leur rapporte de revenus que pour 3 mois de l’année. L’offrande que nous leur laissons, même modeste à nos yeux, est bienvenue.
Nous avons également rencontré les enfants d’un patronage dans le village de Krông Nô, à une heure et demi de car de Dalat. Ils nous ont accueillis par des chants et des danses auxquels ils nous ont invités ensuite à participer. Assez pauvrement vêtus, ils étaient très souriants et ravis des bonbons que nous leur avons donnés. Pendant les vacances, ces enfants sont accueillis le matin par des animateurs qui leur font faire diverses activités. Nous avons déjeuné avec eux, mais la barrière de la langue a malheureusement empêché de vrais échanges. Ces animateurs sont sous la responsabilité d’un Frère Salésien et c’est à lui que nous avons laissé notre don. Il nous a laissé entendre que cet argent servirait en partie au moins pour un projet de camp pour les jeunes.
Ce projet a été extrêmement enrichissant sur le plan humain pour les jeunes du groupe et ce pour plusieurs raisons : il leur a fait découvrir des réalités peu connue, voire inconnues en France et leur a permis quelques échanges intéressants avec des personnes qui vivent dans des conditions extrêmement éloignées des leurs, tant sur le plan matériel que sur celui de leur liberté religieuse et, pour les jeunes, celui de leurs perspectives d’avenir. Tout en étant conscients que les dons que nous leur avons faits n’étaient pas négligeables en soi, ils ont cependant eu le sentiment un peu frustrant d’une action isolée, qui risquait de ne pas avoir de suite.
L'équipe DL
vos impressions sur ce projet !!!
Après 15 jours très intenses en Australie, c’est avec un peu de peine que nous quittons Sydney. Le temps a passé trop rapidement : JMJ terminées, dispersion des groupes de projets pour ceux qui ont choisi de faire un détour en Asie avant de revenir en France, et nous devons laisser ceux que nous avons rencontré et que l’on aurait aimé emmener pour poursuivre l’aventure.
Les JMJ sont un incroyable accélérateur de vie, pour peu que l’on soit disposé à laisser ouvert son cœur ; ensuite l’Esprit fait son travail.
Mais la séparation du reste du groupe n’est pas une fin, simplement un nouveau départ vers une nouvelle aventure, pour un nouveau bond en avant sur le chemin de la Foi.
Car je crois que tous ceux qui sont allés au Vietnam en ont retiré beaucoup de choses.
Certes il y avait les paysages, le côté « carte postale », mais ce n’était que du bonus !
Le mode de vie, la mentalité, la ferveur de la Foi, la générosité et la chaleur dans la pauvreté, tout cela représentait bien plus à nos yeux…
Les Vietnamiens nous ont accueillis à bras ouverts, nous ont préparé d’excellents repas alors que bien souvent ils n’avaient pas grand-chose à partager, ont été heureux de présenter leur culture, et de partager leur Foi.
Sans le savoir, par leur simplicité, leur enthousiasme, et leur ferveur, ils nous ont permis d’apprendre beaucoup. Par leur exemple ils nous ont offert un cadeau inestimable.
Ils n’ont pas grand-chose, leur vie est simple et laborieuse, compliquée par le régime communiste pour les minorités ethniques surtout, mais la ferveur de leurs chants montre la profondeur de leur Foi ; ils mettent tout leur cœur et s’époumonnent pour que leurs prières montent vers le Ciel. Cette force et cette beauté vous emportent, vous retournent totalement !
Oui, ce passage en Asie à la rencontre d’autres communautés chrétiennes valait la peine d’être vécu : c’était une formidable leçon d’humanité. Après ce mois passé à l’autre bout du monde, entre l’Australie et l’Asie, nous ne sommes plus les mêmes, ce n’est pas possible ; sinon ce serait un gâchis ! A nous maintenant de nous inspirer de cette expérience dans la conduite de nos vie…
Christophe Ramonet
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