Interview dans Le Monde du 17 juillet

Publié le par Equipe diocèsaine JMJ 2008 Créteil

Reportage
Malgré le coût et la distance, 200 000 jeunes pèlerins convergent vers les JMJ de Sydney
SYDNEY CORRESPONDANCE
L'une des jeunes participantes aux Jounées mondiales de la jeunesse à Sydney (Australie), le 16 juillet 2008.
REUTERS/DANIEL MUNOZ
L'une des jeunes participantes aux Jounées mondiales de la jeunesse à Sydney (Australie), le 16 juillet 2008.

La distance à parcourir pour atteindre l'Australie n'a finalement pas découragé les pèlerins. Avec plus de 200 000 jeunes (125 000 venus de l'étranger), et 500 000 personnes attendues lors de la messe de dimanche, les 23es Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) ne feront pas venir autant de croyants que lors des précédentes éditions (1 million de pèlerins s'étaient retrouvés, à Paris, en 1997, 2 millions, à Rome, en 2000). Mais Sydney semble malgré tout prise d'assaut par des vagues de catholiques, reconnaissables à leurs sacs siglés du WYD (World Youth Day, appellation anglaise des JMJ).

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Que font les pèlerins pour "compenser carbone" ce voyage au bout du monde ?

Sur le port de Darling Harbour ou sur la plage de Bondi, les Français se remarquent, drapeau tricolore accroché au sac et béret parfois vissé sur la tête. Ils sont plus de 4 000, venus principalement de la région parisienne, de Lyon ou Bordeaux, mais aussi de la Réunion et de Nouvelle-Calédonie.

A la messe des Français, organisée le 14 juillet, tee-shirts de Trezeguet côtoient les marinières. Certains s'agenouillent pour prier, d'autres tapent des mains en chantant. Flavie-Sonia Tiendrebeogo, venue d'Ivry, en banlieue parisienne, travaille dans une grande surface, elle a pris des congés pour pouvoir assister aux JMJ. "Ce n'est pas des vacances d'être ici, c'est fatigant. Mais il y a des moments magnifiques durant les temps de prière. Ou lorsque des avions inscrivent des messages pour nous dans le ciel", s'exclame la jeune femme.

Dans les rues bloquées du centre-ville, on observe beaucoup d'Occidentaux. Plus de 12 000 Américains sont présents, la plus importante délégation devant les Allemands, les Italiens, les Espagnols ou les Français. On compte aussi 10 000 Asiatiques et des pèlerins des îles du Pacifique, qui donnent des représentations de danses traditionnelles très applaudies.

Tous n'ont pas le même intérêt pour la religion. "Il y a des jeunes membres des scouts ou de la Jeunesse ouvrière chrétienne. Mais certains n'ont pas mis les pieds dans une église depuis très longtemps. Nous avons même quelques jeunes non baptisés", explique soeur Nathalie Becquart, en charge du groupe venu du diocèse de Créteil.

Le Québécois Christopher Beaulieu, 23 ans, envisage d'étudier au grand séminaire de Montréal. "Notre génération a une expérience plus positive du catholicisme que nos parents", analyse-t-il.

D'autres semblent peu au fait de la vie de l'Eglise. Rebeca Kapari, de Papouasie-Nouvelle-Guinée, s'interroge en voyant apparaître le cardinal George Pell, archevêque de Sydney, sur le grand écran qui retransmet la messe d'ouverture : "C'est le pape ?"

Pour venir en Australie, il a fallu acheter un coûteux billet d'avion, 2 000 euros environ, pour les Français. Les pèlerins ont donc souvent organisé des opérations diverses pour trouver de l'argent. L'argent n'a pas été la seule difficulté : les services de l'immigration australienne ont été stricts.

Pour les jeunes issus de l'immigration et n'ayant pas de passeport français, il a fallu s'armer de patience. "Nous avions un gros dossier à remplir. Une de nos jeunes n'a pas pu partir, car son passeport ne lui a pas été renvoyé à temps", regrette soeur Nathalie Becquart.

Sur place, les jeunes dorment à la dure, dans des dortoirs où les nuits, en cet hiver austral, sont froides. "Ce qui compte, c'est la joie d'être tous ensemble avec la même foi", affirme Jean-Romain Guedez, de Clamart. "Nous vivons dans un pays riche. Espérons que la rencontre avec des pèlerins de pays pauvres nous apprendra la compassion", commente Mgr Manning, évêque de Parramatta, dans la banlieue de Sydney.

Marie-Morgane Le Moël
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Publié dans Le coin de la presse

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