Description.
Les Journées mondiales de la jeunesse en Australie ont été pour moi une bénédiction du ciel. J’y ai vraiment reçu l’appel à vivre
plus près du Seigneur. Ce mois de juillet m’a permis de me rapprocher de lui, de dissiper mes doutes, d’être fortifié dans ma foi. Ce cheminement s’est opéré grâce à la richesse des différentes
rencontres, et à travers les témoignages que j’ai reçus. Maintenant, il me semble, comme naturel, de m’investir davantage dans la vie de l’Eglise.
Avant ce pèlerinage, j’avais du mal à me situer dans l’Eglise et à savoir ou j’en étais dans ma foi. Je me savais catholique, mais je ne pratiquais plus. J’avais en
effet du mal à vivre une démarche de chrétien dans ma banlieue de Créteil. Mon approche de la religion était très solitaire à l’image de notre société individualiste.
Depuis le retour des JMJ, je m’étonne de recevoir des messages d’amis pèlerins pour qu’on s’organise des moments de prière ensemble. J’ai vraiment découvert
l’importance et la nécessité de la communauté, car elle me donne une grande force et un grand soutien. Ce que j’ai reçu à Sydney continue encore de me porter aujourd’hui dans ma vie.
Je me suis inscrit un peu par hasard à ce pèlerinage, suite à un article dans le journal paroissial. Reprenant contact par ce biais avec l’Eglise, je me suis petit
à petit approprié le projet des JMJ, entrainé et soutenu par tout mon groupe de préparation. J’entrais progressivement dans une démarche spirituelle. Au fil du temps, j’attendais de plus en plus
ce mois de juillet. Et ce que j’ai vécu là-bas a dépassé mes espérances.
Il faut le vivre pour le croire, mais j’ai participé aux plus belles messes de ma vie. Durant ces 5 jours, toute une
planète célébrait Dieu ensemble. Je me surprenais à prier avec tous ceux qui m’entouraient. Touché par mes voisins qui semblaient si émus, j’éprouvais un sentiment très fort de communion. Par
cette expérience, je retrouvais ma place dans cette grande famille des chrétiens. Je souhaite maintenant être acteur de l’Eglise, et je cherche comment m’engager concrètement à l’image de
certains JMJistes, comme Véronique et Charles, anciens volontaires au Vietnam et au Tchad.
Il est peut-être dommage d’avoir dû traverser tout le globe pour m’en rendre compte ! Mais cela m’a permis d’entendre pour moi cet appel du Christ :
« Vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre ».
C’est
pourquoi je suis si heureux d’être là parmi vous, pour vous dire à quel point je suis fier de notre Eglise ; elle est belle, généreuse et multi culturelle.
Sébastien
(témoignage lu lors de la veillée avec le
pape le 12 septembre 2008)
5 juillet : c’est le départ pour l’aventure des JMJ, les Journées Mondiales de la Jeunesse, qui nous mènera d’abord à Sydney, puis au Vietnam pour un projet
solidarité. Avec les 24 jeunes de notre secteur et de nombreux jeunes du diocèse de Créteil, nous allons vivre une expérience humaine et spirituelle
qui restera gravée dans nos mémoires et dans nos cœurs.
Le thème choisi par le Pape pour ces JMJ 2008 est une phrase des Actes : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit-Saint, et vous serez mes
témoins… ». Voilà 1 an que nous nous préparons à ce pèlerinage. Pour l’heure, il s’agit de nous
laisser conduire par l’Esprit, sans savoir encore où il nous mènera…
Trois choses m’ont particulièrement marquée :
L’expérience de la rencontre: les jeunes, venus de tous les pays, éprouvent un impressionnant besoin de fraternité
entre eux : se saluer, se toucher, échanger des cadeaux, des adresses, provoque visiblement une immense joie… et elle est contagieuse !
Joie aussi d’être accueilli chez l’habitant qui est heureux de me connaître, qui m’ouvre sa maison, s’intéresse à ce
que je vis, et qui prend soin de moi comme si je faisais partie de sa famille.
Enfin, découverte et joie de rencontrer d’autres cultures (les Aborigènes en Australie, les minorités ethniques au Vietnam), si différentes, et s’ouvrir à
l’universel…
Est-il meilleure porte d’entrée à la connaissance du Christ, qui vient rencontrer chacun et le toucher au cœur ?
L’expérience du service : nous avons planté des arbres en Australie, et construit un pont dans la montagne, au
Nord Vietnam, pour et avec les minorités ethniques. Un pont pour rétablir la circulation là où elle était devenue impossible, un pont surtout entre les hommes qui ne parlent pas la même
langue mais s’entre-aident et unissent leurs efforts. Être un maillon de la chaîne, celle des pierres qui passaient, avec des rires, de mains jaunes
en mains blanches, pour donner…et recevoir ; avec l’Esprit, on bâtit et ça circule!
Découvrir d’autres façons de vivre la foi pour donner un nouveau souffle à la
nôtre.
En Australie, la nature est si belle et si proche, qu’elle ouvre spontanément à la contemplation et à la louange. Au Vietnam, nous avons partagé la vie de familles
très pauvres, et célébré chaque jour l’Eucharistie dans une communauté qui manquait de tout sauf d’amour et de joie, celle qui éclatait dans le rire et les yeux des enfants. Être à l’autre bout
du monde et prier le même Dieu. Il y a différentes manières de vivre en chrétien, mais c’est le même Esprit!
La belle promesse s’est ainsi réalisée : nous avons reçu une force et l’enthousiasme de l’Esprit a réveillé en nous la foi, l’espérance, et la charité. Dans
son sillage et à la faveur de ces expériences initiatiques, quelque chose en chacun de nous s’est ouvert dans la profondeur de notre être qui nous rend plus vivants, et encore plus avides de
découvertes humaines et spirituelles. Plus que jamais, être ici, dans nos vies, pèlerins explorateurs en quête de l’Esprit !
Laurent Chaumont
Lundi 14 juillet 2008 dans l’après-midi, au cœur de Sydney. Une horde de jeunes français sort de la station
Central et remonte à l’air libre. Premières impressions. Le vertige éprouvé lorsque l’on regarde le ciel au pied d’immenses buildings ultramodernes. Le bleu du ciel qui se reflète dans les
façades en verre. La douceur de l’hiver austral. La joie et l’excitation d’être enfin arrivés à destination après de longs mois d’attentes, là où le Pape a donné rendez-vous à la jeunesse
catholique, autour du thème de l’Esprit-Saint.
Les JMJ commencent officiellement demain, mais pour
nous qui nous rendons à la messe des Français, présidée par l’archevêque de Paris Mgr André Vingt-Trois, elles commencent bien aujourd’hui.
Elles ont même commencé il y a longtemps, lorsque les
premiers groupes se sont formés en secteurs. C’était à l’automne 2007! Premières rencontres, premiers liens, puis premiers rassemblements diocésains. Il y en eut d’autres, les jeunes arrivèrent
plus nombreux, plus impliqués, plus pressés de partir. Les premiers liens, timides, ont laissé place à la camaraderie, à l’amitié. Il faut dire que nos rencontres n’étaient plus seulement
informatives, car il a fallu se retrousser les manches et « mouiller la chemise » pour trouver les fonds nécessaires au départ d’un si grand nombre de jeunes, en grande majorité
étudiants. De ventes en spectacles, de collectes de dons en petits boulots, les jeunes se sont impliqués et rapprochés, formant de vraies équipes, et un vrai groupe une fois rassemblés en
diocèse.
Les futurs pèlerins se sont rapprochés par la
solidarité née des différentes actions, se sont livrés plus facilement dans l’épreuve, et cela a permis de s’impliquer moralement, d’introduire une préparation plus spirituelle ; avec des
fortunes diverses il est vrai, mais finalement de manière satisfaisante.
Car on ne se dépense pas ainsi pour rien, même pour
le simple plaisir de faire de bonnes vacances ; sinon on se contenterait du camping des « flots bleus » à Palavas… mais dans notre cas, plus le projet prenait de l’ampleur, plus
l’on se rapprochait de l’échéance, et plus la réflexion et l’engagement prenaient le dessus ; même inconsciemment, même chez ceux que l’on voyait le moins souvent…
Puis il y eut le grand départ! Le groupe le plus
nombreux partit le 5 juillet à midi… enfin un peu plus tard, une grève de certains personnels de Roissy ralentissant les contrôles avant d’embarquer!
Deux jours et demie et quatre vols plus tard, nous
arrivâmes sales et éreintés à Redcliff, charmante localité proche de Brisbane ; d’autres devraient nous y rejoindre le 9, dans le même état ; d’autres encore le 14, directement à
Sydney.
Cette fois nous y étions… les yeux grands ouverts à
la découverte de cette île-continent! (malgré la fatigue! Oui!). Cette première semaine nous permit d’abord de nous retrouver en diocèse, et de vivre ces premiers jours ensemble pour cimenter le
groupe. Messe et/ou prière dans la chapelle du collège où nous dormions, temps de partages riches en enseignements et en émotions, très bien organisés grâce au livret du pèlerin qui nous avait
été distribué et aux accompagnateurs (prêtres ou laïcs). Les thèmes de réflexion semblaient parfaitement coller à nos attentes, à nos préoccupations de jeunes adultes chrétiens, à notre programme
aussi ; avec la découverte de Moreton Island, endroit d’une beauté extraordinaire ; de la forêt tropicale dans l’Hinterland, propice au recueillement ; à la découverte aussi de nos
hôtes australiens, si hospitaliers et généreux…
Nous leur avons même préparé une « soirée
française », avec cuisine de chez nous (dans la limite de nos compétences!), et animation façon music-hall! (chansons, scénettes, jeux, danses…). Ils nous firent aussi profiter de leur
[absence] de gastronomie, et ce fut de la même manière un très agréable moment. Sans vouloir être chauvin, il faut reconnaître que nous nous sommes mieux sustentés lorsque nous étions aux
fourneaux… avec un régime barbecue-hot dog-œuf-lait-banane au lever (à 6h du matin tout de même!), nous dirons simplement pour ne pas rentrer dans les détails, qu’un certain nombre d’entre-nous
retint aisément le chemin des sanitaires…
Mais les Australiens ont tellement d’autres
qualités!
Après répartition dans les familles d’accueil, par
deux ou trois, nous avons pu faire plus ample connaissance avec ces chrétiens du bout du monde. D’un commun accord nous pouvons dire combien ces gens ont été si accueillants, chaleureux, et
prévenants avec nous! Ravis de nous recevoir, de nous faire partager leur Foi, leur culture, et l’amour de leur pays, pendant trois petites journées nous avons fait partie de leur famille… ils
s’intéressaient à nous, à nos vies, nos idées, notre quotidien, tandis que nous partagions les leurs. Le fait de se rendre compte que sous des cieux différents nous pouvions partager les mêmes
préoccupations, les mêmes espérances, les mêmes prières, a fait naître dans ces paroisses pour un court moment « franco-australiennes », beaucoup de fraternité et d’affection… et c’est
non sans peine qu’il fallut quitter nos familles adoptives pour atteindre notre but, Sydney, là où battrait pendant quelques jours le cœur de l’Eglise!
Pour l’anecdote, nous avons terminé notre trajet en
car vers Sydney en compagnie de journalistes de TF1… mais après avoir vu le résultat, même s’il est très sympathique de se voir à la télévision, il est dommage d’être présenté sur l’air des
scouts en vadrouille, alors que la bonne humeur ne pouvait à elle seule montrer tout ce que nous avions vécu jusque là, et ce que ce voyage, aussi intérieur que kilométrique, aurait comme
retentissement en nous…
Nous étions donc arrivés à bon port, Sydney, avec sa
baie, son opéra, son modernisme, ses lumières brillantes dans la nuit. Et la cohue des pèlerins venus du monde entier, 150 à 200000, l’effervescence dans les rues, l’enthousiasme des
automobilistes nous saluant de leur klaxon (si si, c’était bien pour nous saluer!), et bien d’autres signes qu’un grand événement allait se dérouler dans très peu de temps… dans la clarté - et la
fraicheur - de la nuit australe, les étoiles scintillantes avaient guidé la jeunesse chrétienne jusque là, jusqu’au bord des quais de Sydney, où le Pape Benoît XVI accosta le 17
juillet.
De prime abord, quand vous voyez passer le Pape
Benoît XVI, vous ressentez sa timidité, sa réserve naturelle plutôt, tandis que sa personnalité et son aptitude à communiquer permettait à son prédécesseur Jean-Paul II de soulever les foules.
Mais on peut aussi distinguer dans son sourire et son regard la satisfaction d’être parmi les jeunes, de les voir si nombreux, de constater que malgré de nombreux problèmes, l’Eglise est bien
vivante et son message toujours écouté.
Les discours de Benoît XVI prennent toujours une
tournure très théologique, mais il est pédagogue dans sa façon d’argumenter, ce qui permet de faire ressortir les idées majeures et l’essence de ses messages ; ceux-ci, finalement, servent
plus de cadre général de réflexion que de point culminant des JMJ. Pour bien des jeunes pèlerins, les rencontres, les temps de partages et de prières, et les catéchèses, sont ce qui fait la force
de cet événement. Nous avons eu d’ailleurs de très belles catéchèses, passionnantes, beaucoup plus proches de nous et de nos attentes. Entre les thèmes du livret du pèlerin et des catéchèses, les
prières et les temps de partages, nous avons vécu de grands moments.
Quant aux grands rassemblements, ils furent
diversement vécus. La célébration qui suivit l’arrivée du Pape a été écrasée sous les décibels de chants beaucoup trop holliwoodiens pour permettre à l’assemblée de suivre et de prier. Peut-être
que les organisateurs, du fait de la retransmission de l’événement, voulaient montrer un moment grandiose… mais cela a ôté à bien des gens toute envie de prier, alors qu’il aurait été beaucoup
plus beau et intense de voir une Eglise unie dans la prière, d’entendre ses chants repris par tout le monde, et les voix s’élever vers le Ciel!
En revanche, la veillée avec le Pape et la messe de
clôture de ces JMJ ont été beaucoup plus priants, et l’homélie du Saint-Père mieux perçue. Avec 350000 croyants réunis, il y eut de très beaux moments, comme de voir tous ces cierges allumés
pendant la veillée éclairer le site de Randwick ; ou certains moments de silence et de recueillement, très impressionnants. L’Esprit-Saint, qui était au centre de ces JMJ, a bien fait les
choses… en tout cas, il nous a emmené très loin sur le chemin de la Foi, dépassant largement toutes nos espérances!
Christophe Ramonet
Vous aussi, laissez
vos impressions sur les JMJ en Australie !!!